
Le pitch
Jack Bauer (Kiefer Suterland) est un agent fédéral de la cellule anti-terroriste de Los Angeles. A chaque saison, Jack aura 24 heures pour sauver le monde d’une menace terroriste, attentat contre un sénateur noir (saison 1), bombe nucléaire (saison 2), attaque bactériologique (saison 3). Ecran split screen, 24 heures divisées en 24 épisodes haletants démarrent dans lesquelles Jack Bauer mène ses enquêtes avec pour seule éthique de n’avoir aucune règle.
L’avis du passeur
Ca faisait 15 ans qu’il ne s’était rien passé ou à peu près rien dans le petit écran. On s’était coltiné des exposés aseptisés sur les années collèges, 21 Jump Street, 90210 Beverly Hills, Dawson, Harley cœur à vif, Hélène et les garçons où toute une ribambelle de neuneus asexués buvait des jus, ne jurait pas, ne fumait pas, n’existait pas… Notre génération avait décidé d’une même voix spontanée et sincère de ne plus avoir la télévision. On tenait bon puis des rumeurs se sont soudainement élevées. De plus en plus de personnes parlaient des séries TV, nous maintenions le cap prétextant que ce n’était pas du cinéma. Deux clans s’opposaient alors, ceux qui avaient aimé Friends et toutes ces niaiseries aux rires rajoutés parlaient maintenant de l’existence de nouveaux chefs d’œuvres. Une voisine a fini un jour d’hiver par nous convaincre. Il fallait voir 24H Chrono… et dès le deuxième épisode nous étions accro.
24H est construit pour être addictif, simulant le temps réel, la série s’appuie sur un scénario en béton fait de rebondissements improbables, inévitablement on veut connaître la suite, pas simplement parce qu’il s’agit de trouver la planque des terroristes ou le lieu où est cachée la bombe mais surtout parce qu’à chaque épisode une taupe apparaît, compliquant la trame ne nous portant à croire que seul Jack Bauer est intègre.
Au niveau formel, 24H est plein de trouvailles, la série utilise avant tout la technique du split screen qui permet de diviser l’écran en plusieurs fenêtres et de multiplier les scènes. Ensuite le scénario est censé se passer en temps réel, ce qui est faux, vu qu’un épisode ne fait que 43 minutes, les 17 restantes étant allouées à l’espace publicitaire. On constatera surtout qu’en dépit de sa bonne volonté et d’une bonne condition en course de fond, Bauer n’a matériellement pas le temps de traverser des villes en 12 minutes. Soit, on s’en fout au départ, Bauer nous dérange, ce qui est parfois une qualité, il n’est ni un héros, ni un anti-héros, il ressemble un peu au personnage de Bruce Willis dans les Die Hard, sec, rustre, intransigeant, masculin, libérateur… Il ne poursuit inlassablement qu’un objectif, remplir sa mission, obtenir des infos et s’il faut passer par la torture, ça ne le dérange pas. La série rencontre son premier problème de poids, à la question de savoir si pour sauver 1000 hommes on peut en torturer un, les scénaristes disent OUI ! A la question de savoir si on peut tuer un innocent pour en sauver 1000, les scénaristes répondent OUI ! 24H est-elle une série de droite ? OUI ! Les Etats-Unis sont décrits comme la puissance que la terre entière déteste, tout le monde veut les détruire, leur balancer des virus, tuer son président, faire exploser sa capitale… 24H diffusé à partir de novembre 2001 aux USA s’appuie sur les événements du 11 septembre 2001 et surfe sur sa vague… Jack incarne l’homme de la vengeance, le pompier, le flic et le passant au visage rempli de poussières.
24H est la première série à avoir véritablement lancé la vague de séries américaines de qualité, nous entendons par là qu’elles s’appuient toutes sur un travail dense de fond et de forme, des scénaristes brillants et pas mal de fric pour rendre le projet crédible. C’est aussi et surtout la première série (de mémoire) à avoir assis un black à la Maison Blanche, le charismatique David Palmer. Pendant 4 saisons, l’Amérique ne verra que lui, fantasmera sur sa droiture, compatira face à ses choix cornéliens, le tout en rêvant qu’un jour le réel puisse égaler la fiction. Bon après tout ça, la saison 2 débarque et les clichés continuent de se déverser par vague, les islamistes sont les méchants, Bauer zigouille sans foi ni loi. La saison 3 reprend les thèmes, les modifie quelque peu, dénonce les politiciens véreux, épuise son sujet. La saison 4 nous larguera définitivement… Bauer n’est plus qu’un vieux facho extrémiste dont l’activisme finit par écœurer.

Qu'est ce que c'est bon mais qu'est ce que c'est cliche !
RépondreSupprimerJ'avoue que je me suis laissée entrainée par la première saison. Un épisode par semaine (à l'époque), durant lequel le téléphone était débranché et la frustration à son comble lors du générique de fin. La seconde saison fut regardée sur des cassettes prêtées à l'insu de canal+, 2 semaines à se coucher à des heures pas posssibles. Vie sociale proche du néant absolu.
RépondreSupprimerJack a tout de même beaucoup pour lui, j'aimerais bien aussi pouvoir de temps en temps dégommer une petite dizaine de personnes dès qu'on commence un tantinet à m'énervouiller. Ca calmerait vite la population autour de moi.
Puis, Jack n'a pas de chance, surtout avec sa fille. Quelle reine des empotées celle-là, elle trouve toujours le plus court moyen pour se mettre dans une merde inextricable. Heureusement que son père est 10 fois plus fort que Bruce Willis (qui aime aussi tirer sa fille des ennuis). D'ailleurs, ne faut-il pas tirer des conclusions de ces rapports pères-filles? Quid des fils? Pourquoi les pères héroïques n'ont-ils que des filles?
Ha Jack, moi je t'aime bien, enfin jusqu'à la saison 3, oui, c'est cliché, oui c'est américanisé à mort... mais tu fus mon "révélateur" de séries. Normalement un film se termine lorsque la bombe est découverte / désamorcée et les gentils sains et saufs. Parfois, pas même le temps de voir les méchants jetés en prison. Là, la série rentre dans sa phase intéressante lorsque la bombe est désamorcée. Qui que quoi où pourquoi et comment restent encore sans réponse et il ne reste que quelques épisodes de 42 minutes pour le découvrir.
Aaaargh, QUE quelques épisodes...
Il est difficile de faire du neuf après 7 saisons : les bons américains contre les méchants du reste du monde, les pourris de l'intérieur, les traitres à la nation, les patriotes etc. etc. on a vite fait le tour. Mais au moins, nous ne sommes pas dans la série qui fait dans le pathos ou le gnan-gnan.
RépondreSupprimerMention spéciale à la saison 7 où une réflexion entière est menée sur Bauer, sur ses convictions par rapport à la torture etc. etc.
Maintenant que tu te mets au série, tu ne veux pas faire une chronique de Carnivale? \o/
Carnivale est sur la liste... il me reste malheureusement la seconde saison à voir avant de pouvoir dignement en parler.
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